L’anthropocène contre l’histoire ; le réchauffement climatique à l’ère du capital / Andréas Malm ; La fabrique, 2017

9782358720953,0-4046139L’anthropocène, vous connaissez ? Si vous prenez le tramway à Nantes, vous savez que cette nouvelle ère géologique est la station d’entrée de la « Tram’ du temps », qui remonte, en descendant le cours de la Loire, jusqu’au cambrien ; en d’autres termes, Gare maritime. Contrairement à ce que son nom laisse entendre, l’anthropocène ne débute pas avec l’apparition des êtres humains sur terre, mais avec le moment historique à partir duquel leur activité devient le déterminant principal de l’évolution climatique de la planète. Au risque de paraître terre à terre, ce terme savant ne désigne en fait rien d’autre que le réchauffement climatique observé depuis quelques décennies. L’enquête sur les causes d’un phénomène qui, non content d’avoir mis en branle le plus violent mouvement d’extinction des espèces jamais observé, pourrait bien menacer la survie de l’espèce humaine elle-même, l’enquête, donc, ne s’attardera pas à mesurer le diamètre des cratères laissés par les astéroïdes, ou les frottements et chevauchements des plaques continentales. Non, Andreas Malm nous entraîne dans l’examen, aussi passionnant que méticuleux, des raisons paradoxales de l’adoption dans les années 1830 de la machine à vapeur par l’industrie anglaise du coton. On sait en effet que le réchauffement climatique est entièrement lié à l’utilisation massive des énergies fossiles dans les sociétés industrielles ; or, ce nouveau type d’énergie ne s’impose que parce qu’il est indispensable à l’alimentation des machines à vapeur. Là où l’histoire devient particulièrement questionnante, c’est que jusqu’en 1830, l’industrie anglaise employait majoritairement d’autres sources d’énergies, abondantes et meilleur marché. Qu’est-ce qui a déterminé les capitalistes anglais à opter pour la vapeur ? Pourquoi s’est-il écoulé autant de temps, 50 ans, entre l’invention de la machine à vapeur et son adoption définitive par l’industrie du coton, fer de lance de l’industrie anglaise ? Pourquoi enfin a-t-on progressivement renoncé à l’énergie hydraulique alors que, même après qu’elle ait été dépassée par la vapeur en 1830, elle reste pendant encore plusieurs décennies moins chère que sa concurrente ? Questions qui pourraient sembler de détail si elles n’avaient pas pesé de façon si lourde sur l’histoire des sociétés humaines, au point de déterminer rien de moins que l’apparition d’une nouvelle ère géologique. On aurait pu craindre que la lecture d’une telle étude ne soit réservée à des spécialistes : il n’en est rien tant l’auteur sait rendre vivante cette enquête de telle sorte que le lecteur ne perde jamais de vue les enjeux bien actuels sur lesquels elle pèse. Une sorte de roman noir ; qui aurait choisi la réalité plutôt que la fiction.

HD Marinella

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« LA PART DES NUAGES » DE THOMAS VINAU

Une petite bulle de tendresse.

Les premières vacances d’un jeune papa divorcé, sans son petit garçon, devenu le centre de sa vie : la dépression guette mais un cabane près des nuages va l’aider à voir le monde d’un nouveau regard. Un court récit doux et lumineux sur la paternité et l’enfance.

La paternité et la relation père – enfant sont peu abordées en librairie et quand elle l’est, c’est rarement avec cette tendresse et luminosité qui caractérise « La part des nuages ». Avec des romans toujours courts, Thomas Vinau arrive à être percutant en trouvant les mots justes et en exprimant les émotions du quotidien. Ses héros c’est nous tout compte fait !

Publié chez Alma en 2014, « La part des nuages » est le troisième roman de Thomas Vinau qui s’est d’abord illustré en tant que poète puis romancier.  Un quatrième roman est publié pour la rentrée 2017, « Le camp des autres » vous pouvez être certain qu’il sera à la librairie !

 

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« L’ABANDON DES PRETENTIONS » DE BLANDINE RINKEL

« L’abandon des prétentions », notre coup de cœur premier roman .  

Le quotidien de Jeanine, jeune retraitée rezéenne qui voyage, non physiquement mais par ses rencontres. Amoureuse des langues étrangères et des humains, naïve et généreuse, racontée par sa fille avec un regard parfois moqueur mais toujours très tendre.

Parmi les finalistes du Goncourt du Premier Roman, Blandine Rinkel nous offre un récit touchant, juste et qui rend magnifique l’ordinaire.

Publié par Fayard en début d’année 2017, « L’abandon des prétentions » est le premier roman de Blandine Rinkel. Elle écrit également pour plusieurs médias (Le Matricules des anges; France Inter, Citizen K,…).

"La recette des parents" Faucompré-Page ed du Rouergue

« La recette des parents » Martin page et Quentin Faucompré, éditions du Rouergue.

Saviez-vous que ce ne sont pas les adultes qui ont créé les enfants mais l’inverse?

Autrefois, le monde n ‘était peuplé que d’enfants. Mais ceux-ci devaient tout faire, et cela leur laissait moins de temps pour le jeu! D’où l’idée d’une petite fille, Olga: trouver une recette pour avoir plus de temps pour s’amuser. De cette recette inattendue naîtront deux créatures, très vite dénommées « Maman » et « Papa ». Mais ces deux adultes, s’ils sont efficaces sont tristes. Comment les aider à être heureux? …

La suite? Il faut la découvrir dans cet album très réussi, grâce à cette formidable histoire de Martin Page et Quentin Faucompré, deux auteurs que nous apprécions à la librairie.

Les dessins toujours étranges de Quentin Faucompré sont réalisés d’un trait simple et les couleurs sont chaudes, à la limite du fluo…. Avec de belles trouvailles comme cette jupe parapluie qu’on aimerait voir en vrai!

Un album intelligent, joyeux, décalé… Une pépite! A ne pas manquer…

Quentin Faucompré et Martin Page dédicaceront « La recette des parents » à la librairie le samedi 10 décembre de 11h à 16h.

http://www.lerouergue.com/catalogue/la-recette-des-parents

Sauve qui peut (la révolution)

Sauve qui peut (la révolution): un premier roman libre et joyeux

Un des coups de cœur de la librairie pour cette rentrée chez Actes Sud. On l’attendait depuis quelques semaines car l’auteur Thierry Froger est un client! Après avoir été un peu déroutée par la forme très libre de ce roman de 437 pages, je suis enthousiaste!

Erudit (l’auteur est passionné par Godard et la Révolution, et il travaille sur son projet depuis plusieurs années), drôle (le titre, les situations, les personnages) , doux (la belle histoire d’amour entre Rose et JLG), libre (les licences prises par rapport à l’histoire de Danton, de Godard) et local ! (une partie de l’histoire se passe à Chalonnes, parle des guerres de Vendée, Rose fait ses études à Nantes…). Sans compter le style, où l’on retrouve le poète qui s’était déjà illustré avec « Retards légendaires de la photographie » (Flammarion-Poésie 2013)

Bref un roman intelligent, amusant, sensuel, hymne à la liberté, qui en plus du plaisir de lecture donne envie de voir (ou revoir) des films de Godard, en savourant un bon verre de Layon!

Une rencontre avec Thierry Froger est prévue vendredi 7 octobre à 20h30 à la librairie.